L’impact du capitalisme sur le bonheur et les émotions

L’impact du capitalisme sur le bonheur et les émotions

Selon Eva Ellouz, le capitalisme a transformé notre rapport aux émotions et au bonheur, utilisant notre moi, avec plusieurs moments :

  • Le passage, au début du 20ème siècle, d’une économie d’épargne à une économie de la dépense, avec le rôle crucial du marketing nous convaincant que l’humain a des besoins émotionnels quasi inassouvibles et qu’il faut les satisfaire ; une façon de reconceptualiser le moi extrêmement productive sur le plan économique.
  • La nécessité, au milieu du 20ème siècle, de revoir la manière de faire travailler les salariés, pour quitter l’exploitation ancrée des travailleurs et d’aller vers une exploitation tolérée par le droit du travail. La psychologie du travail a été d’une grande aide en imaginant des techniques efficaces de gestion de la main-d’œuvre pour favoriser la satisfaction du salarié et qu’il donne le meilleur de lui-même. A nouveau un passage : le contrôle de l’entreprise, non plus par la manière forte (la violence des contremaîtres) mais par les émotions, générant un investissement énorme du salarié au point de s’identifier à son travail, à exprimer par le travail son moi le plus profond.
  • L’explosion du développement personnel : tant il est normal qu’individuellement, une personne veuille soulager une souffrance, tant il n’est pas normal que l’idée-clé sous-jacente du capitalisme est d’insinuer que c’est par le travail sur soi qu’on arrive à surmonter tous les problèmes économiques, que c’est aux individus de faire le travail fait auparavant par l’État. Pour être heureux, il suffit d’un bon management de notre psyché et vu tous les moyens existants aujourd’hui, l’échec nous reviendrait.
  • La pathologisation des émotions : la quasi-interdiction de se mettre en colère, l’exploitation pathologique de la tristesse, la culpabilité ou la honte au profit des bénéfices économiques à en retirer, comme l’explosion du business de la méditation et des livres de bien-être (pour répondre au point précédent). Pour lire la totalité de l’article / Photo by Xavi Cabrera on Unsplash