Vos réactions émotionnelles : des clés pour les réguler

Vos réactions émotionnelles : des clés pour les réguler

Dans le monde du travail, comme dans toutes les sphères de la vie, les émotions sont constamment présentes. Vous ressentez de la colère face au manque de respect d’un client ? Ou triste d’être loin de vos collègues car à distance ? Avec le contexte actuel et toutes ces situations nouvelles, nos émotions sont chahutées et peuvent entraîner des comportements que nous pouvons regretter. Notre système émotionnel réagit voire surréagit ! Voici quelques conseils pour faire baisser vos réactions et augmenter votre intelligence émotionnelle.

C’est quoi une émotion et à quoi ça sert ?

Une émotion, comme la peur, la colère ou la joie, est un mouvement soudain, de courte durée et immédiat, en réaction à un événement déclencheur perçu comme une menace potentielle. Cette émotion se traduit par une réaction corporelle interne (palpitation, transpiration…) et/ou externe (rougissement, tremblement…). Une émotion, c’est aussi un dispositif d’urgence, un signal d’alarme de quelque chose qui se passe, que nos besoins sont insatisfaits et qu’une réaction est nécessaire. L’objectif final des émotions est de nous garder en vie. Elles assurent donc un rôle de sécurité et de protection, détectant un potentiel problème et déclenchant des réactions pour nous faire agir. Enfin, une émotion, c’est un moyen de communication permettant à l’autre de comprendre qu’il se passe quelque chose en nous. Il est donc important d’être lisible émotionnellement pour faire réagir l’autre. Il pourra ainsi décider d’adapter éventuellement son propre comportement. L’émotion impacte donc nos relations aux autres et nos interactions.

Quelles sont nos émotions et quelles réactions ?

La liste des émotions est longue et nous en retiendrons quatre principales, qui ont chacune une fonction face au danger et la menace détectée. Nous vivons des émotions tout le temps et la majorité nous laisse dans un mode calme. Nous réagissons tranquillement et notre gestion des émotions est maîtrisée. Dans d’autres moments, des émotions intenses se déclenchent, augmentent notre stress et nous font réagir tout aussi intensément parce que nos besoins sont insatisfaits.

Illustrons tout ça avec un exemple : vous êtes en train de faire un footing et vous voyez un énorme chien arriver sur vous comme un bolide (événement déclencheur). Votre cerveau le perçoit comme une menace potentielle.

– Première émotion : la peur, qui va de l’appréhension à la terreur. Face à l’énorme chien, de peur d’être blessé, vous changez de trajectoire ou vous grimpez sur le banc à côté de vous ou vous accélérez pour le semer. Ou un autre comportement, nous réagissons de façon différente face à la menace ! Vous venez d’activer le mode fuite : la peur se déclenche quand nous nous sentons en insécurité. Notre comportement immédiat est de partir pour satisfaire notre besoin de sécurité.

– Deuxième émotion : la colère, qui va de l’agacement à la fureur. Malgré le changement de trajectoire, le chien continue de vous foncer dessus. Là, ça commence à bien faire, vous vous arrêtez et vous criez stop, la main devant pour que le chien s’arrête. Vous cherchez aussi le propriétaire des yeux prêt à lui dire ses quatre vérités sur le comportement de son chien. Ici, vous êtes en mode attaque, lutte ou combat : nous nous mettons en colère lorsque nous estimons que nous ne sommes pas respectés dans la situation et que nous la trouvons injuste. Nous faisons face pour que notre besoin d’identité, de respect et de justice soit entendu.

– Troisième émotion : la tristesse, qui va de la peine à l’anéantissement. C’est un chien peu obéissant, il a continué à venir sur vous, sans montrer de l’agressivité, et a fait pipi sur vos nouvelles baskets. Outre l’agacement face à ce comportement, vous avez envie de rentrer chez vous et prendre une bonne douche pour oublier tout ça. Vous rentrez alors dans le mode retrait ou de repli sur soi. Nous éprouvons de la tristesse quand la situation rencontrée manque de sens, est incompréhensible à nos yeux, notre besoin de sens et de réalité est insatisfait.

« Des émotions fortes se déclenchent parce nos besoins sont insatisfaits. »

 

– Quatrième émotion : la joie, allant du plaisir à l’euphorie. Enfin, face à ce chien mutin, vous pourrez ressentir de la joie, en étant finalement en bonne santé parce que non mordu par le chien. Vous aurez peut-être envie de raconter cette situation à un ami, en blaguant sur vos baskets neuves devenues tout de suite moins neuves. C’est le mode d’ouverture aux autres. Nous appelons notre entourage pour satisfaire notre besoin de partager et d’être en lien avec autrui.

Un coaching pour faire face à nos émotions ?

L’émotion est rarement le problème, c’est le comportement le problème. Être en colère est tout à fait acceptable. Taper du poing sur la table ou hurler pour se faire entendre l’est beaucoup moins, tant pour les autres que pour vous. Avoir peur est tout aussi acceptable. Sursauter dès que vous entendez la voix de votre collègue, l’éviter dès que l’apercevez, c’est déjà plus difficile à vivre. Plusieurs choses peuvent aider à mieux réguler vos réactions émotionnelles :
– Sur le moment, calmer votre corps et votre tête en respirant profondément, en faisant quelques pas. Ou en imaginant une situation agréable, en faisant une pause, en évitant la surenchère face à l’autre…
– Un peu plus tard, vous pouvez écrire une lettre pour raconter la situation. Décrire vos ressentis, ce qui vous a mis dans cet état, ce qui a pu vous blesser… Ecrivez dans le calme et une fois la lettre terminée, jetez-la pour vous séparer de ces moments désagréables.
– Ensuite, accepter de travailler sur soi, seul ou accompagné. L’objectif est d’identifier le déclencheur de ces réactions. Puis de trouver d’autres solutions que de taper du poing sur la table ou au contraire, ne rien dire alors que vous bouillez intérieurement.

Le travail en coaching individuel porte sur différents points, selon ce que vous traversez :
– Comprendre ce qui déclenche ce flot émotionnel et qui génère des comportements inadaptés, et ce à partir de vos situations concrètes du quotidien.
– Faire un travail corporel pour enrichir votre palette d’outils pour contenir ce flot émotionnel et être en mesure de le reproduire au moment venu.
– Exprimer ce qu’il y a à exprimer pour soulager, oser dire, accepter les difficultés et la possible souffrance. Le but est de transformer le vécu actuel en un vécu plus facile.
– Pour chaque émotion, prendre du recul et vous faire trouver des solutions pour faire autrement et obtenir des comportements plus adaptés et mesurés.
– Accepter votre impuissance en acceptant d’agir sur ce qui est de votre ressort, de contrôler ce que vous pouvez contrôler et de retrouver une puissance d’agir (ni impuissance, ni toute-puissance).
– Travailler aussi l’empathie pour être en mesure d’identifier ce qui se passe chez l’autre afin d’adapter votre comportement. Votre intelligence émotionnelle en sera renforcée.

Un exemple d’un travail fait avec un coaché sur la peur

Dominique, manager et dirigeant dans une entreprise, a peur de mener les entretiens annuels avec ses collaborateurs. Après discussion avec lui, derrière cette peur se cache la peur d’être humiliant. Il a la croyance que d’avoir du pouvoir (être manager, évaluer le travail des autres, décider d’une augmentation, etc) est synonyme d’humiliation sur l’autre. C’est évidemment possible mais est-ce toujours le cas ? Je le fais réfléchir à une personne qu’il connaît et qui a un important pouvoir. Dominique me décrit la personne en détails et à aucun moment, il ne dit que cette personne est humiliante. Je résume donc l’ensemble de la description. Et je déclare haut et fort « qu’avec tant de pouvoir, cette personne doit être sacrément humiliante ! » Dominique répond vivement : « Mais non, c’est une personne avec énormément de respect, qui sait dire les choses même négatives et toujours avec respect ». Je laisse un temps de silence pour que Dominique intègre bien ce qu’il vient de dire. Et je lui demande quelle conclusion il peut tirer sur cette personne et pour lui. « Eh bien que l’on peut avoir beaucoup de pouvoir sans être humiliant ». Deux semaines plus tard, Dominique démarrait ses entretiens annuels…

Merci aux auteurs des photos (via Unsplash). Par ordre d’apparition : Alexas Fotos, Tengyart, Kishan Bishnoi, Nathalie Spehner, Andre Hunter, Sam Manns, Marianne Bos, Mark Adria